Vitamine B12

Publié le 12 mai 2026 à 17:38

La vitamine B12 joue un rôle important dans plusieurs fonctions du corps :

  • fabrication des globules rouges
  • fonctionnement du système nerveux
  • réparation cellulaire
  • régulation immunitaire.

Sources de B12

La B12 se trouve surtout dans les aliments animaux

  • viande
  • poisson
  • œufs
  • produits laitiers


Symptômes possibles d’une carence en B12

  • fatigue importante
  • brouillard cérébral
  • engourdissements ou picotements
  • faiblesse musculaire
  • troubles de mémoire
  • essoufflement
  • humeur dépressive
  • langue douloureuse
  • problèmes d’équilibre


Vitamine B12 et maladies auto-immunes

Une carence en B12 est relativement fréquente chez les personnes vivant avec certaines maladies auto-immunes.

Certaines maladies auto-immunes attaquent même les cellules ou organes nécessaires à l’absorption de la vitamine B12

 

Gastrite auto-immune : maladie de Biermer

Le système immunitaire détruit les cellules de l’estomac qui produisent le « facteur intrinsèque », indispensable pour absorber la B12. La maladie de Biermer est une gastrite atrophique auto-immune qui entraîne une carence en vitamine B12 et est fréquemment associée à d’autres maladies auto-immunes inflammatoires

Anémie pernicieuse

Cause classique de déficit sévère en B12.

Maladie de Crohn

Peut empêcher l’absorption de la B12 au niveau de l’iléon.

Maladie cœliaque

Les dommages intestinaux peuvent réduire l’absorption des nutriments.

Thyroïdite de Hashimoto et Diabète de type 1

Souvent associés à d’autres maladies auto-immunes touchant l’absorption digestive.

 

Supplément de vitamine B12

Les médecins peuvent demander les examens suivants 

  • dosage sanguin de vitamine B12
  • homocystéine
  • acide méthylmalonique (MMA)
  • anticorps anti-facteur intrinsèque
  • anticorps anti-cellules pariétales

Certaines personnes avec maladie auto-immune ont besoin de suppléments oraux à forte dose ou d’injections si l’absorption intestinale est insuffisante.

Une valeur « normale basse » de B12 peut parfois déjà provoquer des symptômes neurologiques chez certaines personnes. Le contexte clinique est donc important, surtout en présence de fatigue chronique, neuropathie ou maladies auto-immunes multiples.

La B12 ne « guérit » pas une maladie auto-immune, mais une carence peut :

  • augmenter l’inflammation et la fatigue
  • aggraver les atteintes neurologiques
  • diminuer la capacité de récupération du corps

Chez certaines personnes, corriger la carence améliore nettement l’énergie, la cognition et les symptômes neurologiques.

 

Rôle immunomodulateur de la B12

La méthylcobalamine et la cyanocobalamine ont été étudiées pour leurs effets anti-inflammatoires potentiels dans des pathologies comme la polyarthrite rhumatoïde, ainsi que pour leur rôle dans la synthèse et la réparation de l’ADN et la modulation du stress oxydatif.

Sur le plan cellulaire, des données montrent que la méthyl-B12 agit comme immunomodulateur :

L’administration de méthyl-B12 augmente le nombre de lymphocytes CD8+ et améliore l’activité des cellules NK (Natural Killer), suggérant un effet sur l’immunité cytotoxique.

 

Mécanisme épigénétique : la méthylation

C’est le mécanisme le plus intéressant d’un point de vue physiopathologique :

Les vitamines B6, B9 et B12 sont essentielles au cycle de méthylation, et des altérations de la méthylation de l’ADN (excès ou défaut) ont été observées dans des maladies auto-immunes inflammatoires telles que le lupus érythémateux systémique.

Des travaux récents ont montré que la B12 régule à la baisse certains gènes inflammatoires via des mécanismes épigénétiques dépendants du méthyle, en augmentant la disponibilité du groupement méthyle dans la voie des acides aminés soufrés.

 

Donnée émergente : anticorps anti-CD320 et déficit en B12 cérébrale

Une découverte récente (2024) est particulièrement pertinente pour la neuro-immunologie :

Des auto-anticorps ciblant le récepteur de la transcobalamine (CD320) ont été identifiés chez des patients présentant des déficits neurologiques inexpliqués, chez 6 % des contrôles sains, et chez 21,4 % d’une cohorte de patients atteints de lupus neuropsychiatrique. Ces anticorps perturbent le transport de la B12 à travers la barrière hémato-encéphalique, provoquant un déficit en B12 cérébral sans signe hématologique.


En résumé 

La B12 n’est pas un traitement des maladies auto-immune inflammatoire en soi, mais sa carence (fréquente dans ce contexte) aggrave le tableau clinique — et le mécanisme méthylation/épigénétique ouvre des pistes de recherche sérieuses.​​​​​​​​​​​​​​​​