Rôle du sélénium dans l’organisme
Le sélénium est un oligo-élément essentiel qui joue plusieurs rôles importants dans l’organisme, particulièrement dans l’immunité, la protection cellulaire et la fonction thyroïdienne ainsi que rhumatologique. Son lien avec les maladies auto-immunes est étudié depuis plusieurs années.
Le sélénium est incorporé sous forme de sélénoprotéines. Ces enzymes modulent indirectement la réponse immunitaire en réduisant l’inflammation oxydative et en influençant la différenciation des lymphocytes T (Th1/Th2/Treg).
Le sélénium contribue donc à :
- La protection contre le stress oxydatif grâce aux enzymes antioxydantes (glutathion peroxydase)
- Le bon fonctionnement du système immunitaire
- La régulation de l’inflammation
- La conversion des hormones thyroïdiennes (T4 → T3)
- La protection des tissus contre les dommages cellulaires
Sélénium et maladies auto-immunes
Un faible taux de sélénium est associé à plusieurs maladies auto-immunes, notamment :
- La thyroïdite de Hashimoto
- La Maladie de Basedow
- La Polyarthrite rhumatoïde
- Le Lupus
- Certaines maladies inflammatoires intestinales comme la Maladie de Crohn
Le sélénium pourrait aider à :
- Diminuer certains marqueurs inflammatoires
- Réduire le stress oxydatif
- Soutenir la fonction immunitaire
- Améliorer certains symptômes liés à la fatigue ou à la thyroïde. ** Cas particulier : thyroïde auto-immune est le lien le mieux documenté concernant la thyroïde.
Certaines études montrent qu’une supplémentation en sélénium pourrait :
- Réduire les anticorps anti-TPO
- Améliorer le bien-être chez certaines personnes
- Soutenir la fonction thyroïdienne
Cependant :
- Les résultats sont variables selon les études
- Ce n’est pas un traitement curatif
- Un excès de sélénium peut devenir toxique
Sources alimentaires riches en sélénium
- Noix du Brésil
- Poissons et fruits de mer
- Œufs
- Viandes
- Grains entiers
Les noix du Brésil sont extrêmement riches en sélénium : quelques noix seulement peuvent dépasser les besoins quotidiens.
Attention aux excès
Trop de sélénium peut provoquer :
- Nausées
- Fatigue
- Chute de cheveux
- Ongles fragiles
- Troubles neurologiques
Points de vigilance
L’équilibre est donc important
• Effet en U : la carence et l’excès sont délétères pour l’immunité
• Le bénéfice est plus net chez les patients carencés au départ
• Pas de substitution aux traitements de fond (immunosuppresseurs, anti-thyroïdiens)
• Interactions possibles avec la warfarine et certains chimiothérapeutiques
Données par pathologie de certaines maladies auto-immunes
Thyroïdite de Hashimoto / maladie de Basedow
C’est le domaine le mieux documenté. La supplémentation en sélénate de sodium ou sélénométhionine (200 µg/j) réduit les anticorps anti-TPO de façon significative, avec amélioration de l’échographie thyroïdienne. L’EFSA et plusieurs sociétés d’endocrinologie reconnaissent ce bénéfice, bien que l’impact clinique sur la fonction thyroïdienne reste modeste.
Lupus érythémateux systémique (LES)
Déficit fréquemment observé. Le stress oxydatif majoré dans le LES est une cible logique. Des études montrent une corrélation inverse entre sélénémie et activité de la maladie (SLEDAI), mais les essais d’intervention sont encore limités.
Polyarthrite rhumatoïde
Sélénémie basse corrélée à l’activité inflammatoire (CRP, DAS28). La supplémentation réduit certains marqueurs oxydatifs mais sans preuve robuste d’efficacité clinique autonome.
Sclérodermie systémique
Données préliminaires suggérant un rôle protecteur vasculaire via TrxR, à confirmer.