Respirer !
Inspirez en 4 secondes et Expirez en 8 secondes pour bien renouveler l'air de vos poumons *!
(*conseil donner aux gens en crise de panique, stress ou choc)
Le renouvellement de l’air dans les poumons est un sujet fascinant, notamment en lien avec les maladies auto-immunes.
À chaque inspiration, l’air frais entre dans les alvéoles pulmonaires pour apporter l’O₂ et éliminer le CO₂.
Ce renouvellement est mesuré par la capacité résiduelle fonctionnelle et le volume courant (~500 mL au repos).
Mais l’air dans les poumons n’est jamais totalement renouvelé à chaque respiration : une partie reste toujours dans les voies respiratoires (espace mort anatomique, ~150 mL) et dans les alvéoles. Ce mélange permanent est vital pour éviter des variations trop brutales d’O₂/CO₂.
Le renouvellement de l’air (ventilation pulmonaire) est primordial. Il protège le cerveau et aider à nous réparer lors du sommeil !
Maladies auto-immunes et poumons
Les maladies auto-immunes perturbent ce renouvellement d'air de plusieurs façons:
Maladies auto-immunes où le système immunitaire attaque les tissus pulmonaires propres
- Fibrose pulmonaire (ex : sclérodermie, polyarthrite rhumatoïde) → les alvéoles se cicatrisent et se rigidifient → moins de surface d’échange, air “bloqué”, mauvaise diffusion de l’O₂
- Pneumopathie interstitielle → inflammation chronique qui épaissit les parois alvéolaires
- Sarcoïdose → granulomes qui obstruent les voies aériennes
- Lupus → pleurésie ou hémorragie alvéolaire auto-immune
- Syndrome de Sjögren → sécheresse des muqueuses respiratoires, bouchons muqueux
Maladies neurologiques auto-immunes affectant la respiration
Certaines maladies attaquent le système nerveux qui contrôle la respiration :
- Sclérose en plaques (SEP) → lésions du tronc cérébral perturbent le centre respiratoire
- Neuromyélite optique (NMOSD) → atteinte du bulbe rachidien, zone qui régule la respiration automatique
- Syndrome de Guillain-Barré → paralysie ascendante des muscles respiratoires
- Myasthénie grave → la jonction neuromusculaire est attaquée → les muscles intercostaux et le diaphragme se fatiguent
- Encéphalite auto-immune (ex : anti-NMDA) → dysrégulation du rythme respiratoire central
- Syndrome de la personne raide (SPS) → paralysie / raideur des muscles respiratoires
Conséquences sur la ventilation
Ces maladies provoquent un syndrome restrictif : les poumons se vident et se remplissent moins bien. Dans tous ces cas, le problème n’est pas le poumon lui-même, mais l’ordre nerveux ou les tissus pulmonaires.
Le renouvellement de l’air est insuffisant → fatigue, essoufflement à l’effort, puis au repos dans les cas graves.
Comment nous aider à mieux respirer ?
Une application de type RespiRelax
Une application a été développée par les Thermes d'Allevard (Isère-France), Pour aller plus loin : https://respirelax.eu
La Kinésithérapie respiratoire
La kinésithérapie respiratoire (exercices de ventilation dirigée, drainage bronchique) est essentielle pour maintenir un bon renouvellement de l’air malgré la maladie. Les traitements immunosuppresseurs cherchent à stopper la destruction du tissu pulmonaire.
Bar à Oxygène : pour les "branchés"
Un bar à oxygène est un établissement récréatif proposant l'inhalation d'oxygène concentré (environ 40 - 50%, voire jusqu'à 95%) à l'aide d'une canule nasale, souvent aromatisé avec des huiles essentielles. Populaire pour ses vertus supposées de relaxation, de réduction du stress et d'augmentation de l'énergie, il est utilisé pour des séances de 10 à 30 minutes.
Points clés :
- Fonctionnement : L'oxygène est produit par un concentrateur à partir de l'air ambiant, puis diffusé avec des arômes.
- Bienfaits perçus : Aide à la récupération après l'effort, réduction du stress, soulagement des maux de tête, et diminution du décalage horaire.
- Lieux : Se trouve dans les spas, centres de remise en forme, aéroports, ou lors d'événements (ex: Oxygène Spa à Montréal).
Le CPAP
Le CPAP (Continuous Positive Airway Pressure) maintient une pression d’air continue pour :
1. Maintenir les voies aériennes ouvertes pendant le sommeil, où le tonus musculaire chute encore plus → évite les apnées obstructives très fréquentes dans ces maladies
2. Réduire le travail respiratoire → les muscles déjà affaiblis (myasthénie, Guillain-Barré) n’ont pas à lutter contre l’effondrement des voies aériennes
3. Améliorer l’oxygénation nocturne → le cerveau reçoit plus d’O₂ la nuit → moins de fatigue neurologique diurne, meilleure cognition
4. Prévenir les micro éveils → le sommeil fragmenté par les apnées aggrave l’inflammation systémique et la fatigue auto-immune
Les Bénéfices sont réels et documentés
• La fatigue diminue
• Les fonctions cognitives augmentent
• La qualité de vie augmente
• Potentiellement la neuro-inflammation via une meilleure régulation du sommeil
Dans la myasthénie, un CPAP ou BiPAP nocturne peut retarder le recours à la ventilation invasive.
CPAP vs BiPAP
Dans les formes neurologiques sévères, on préfère souvent le BiPAP (deux niveaux de pression : inspiration + expiration) car il assiste activement l’inspiration quand les muscles sont trop faibles — le CPAP seul ne suffit pas.
Pourquoi le sommeil est-il si destructeur dans ces maladies ?
Les maladies auto-immunes créent un cercle vicieux nocturne :
Inflammation auto-immune → muscles respiratoires affaiblis → apnées du sommeil → manque d’O₂ → micro-éveils → sommeil non réparateur → neuroinflammation amplifiée → fatigue & brouillard cognitif le lendemain
Le cerveau passe la nuit à “éteindre les incendies” au lieu de consolider la mémoire, éliminer les déchets métaboliques et réparer les neurones.
Le CPAP brise ce cercle — voici comment
Sur la fatigue :
• Maintient l’O₂ nocturne stable → moins de stress cellulaire
• Supprime les micro éveils → sommeil profond restaurateur retrouvé
• Réduit le taux de cytokines pro inflammatoires (IL-6, TNF-α) libérées par les apnées
• Dans la SEP : réduction de la fatigue mesurée dès 6 semaines d’utilisation régulière
Sur la cognition :
• Le sommeil profond (ondes lentes) est le moment où le système glymphatique nettoie le cerveau des déchets neurotoxiques (dont la protéine tau et le β-amyloïde)
• Les apnées interrompent ce nettoyage → accumulation → brouillard cognitif
• Le CPAP restaure ces cycles → mémoire de travail, concentration et vitesse de traitement améliorées
• Effet documenté sur la plasticité synaptique nocturne
“Le CPAP ne traite pas la maladie auto-immune — il protège le cerveau pendant qu’il dort, au moment où il est le plus vulnérable et le plus capable de se réparer.”
TÉMOIGNAGES
Je suis atteinte d'une maladie neurologique auto-immune soit le Syndrome de la personne raide (SPS).
La recherche diagnostique a débuté quand je me suis cassée une dent en serrant trop la mâchoire la nuit. Le dentiste m'a donc conseillé une plaque occlusale pour protéger mes dents et consulter pour mon "stress". Mais, il devait me faire passer un questionnaire d'apnée du sommeil. J'ai du aller en clinique du sommeil. J'ai échoué ce questionnaire !
En clinique du sommeil, j'étais un cas bizarre 56 arrêts respiratoires par minute et on se rappelle qu'il y a 60 secondes dans une minute ! Jambes sans repos également car en contraction tout le temps.
On m'achète un CPAP ! Ca urge. Je l'ai appelé ma machine de zenitude !! Je la prenais pour mes pauses et mes siestes, regarder la télévision. Ca me faisait l'effet spa !
Ce n'est que 1 an plus tard qu'un neurologue a trouvé mon fameux SPS et j'aime encore autant sinon plus mon CPAP car je comprends son effet sur ma maladie !
Isabelle Filteau, Fondatrice de cet OBNL